AccueilPlan du siteContact
Espaceur
Espaceur

Sénatrice du Finistère & Membre du Conseil de l'Europe
 

FacebookTwitter

    • bd maryvonne blondin cache.png
    • tof1.jpg
    • bd maryvonne blondin cache.png
    • tof2.jpg
    • bd maryvonne blondin cache.png
    • qm09 2420664 2 px 501  w ouestfrance .jpg
    • bd maryvonne blondin cache.png
    • 253841387 jean pierre chevenement elu senateur charles millon et dominique paille.jpg
    • bd maryvonne blondin cache.png
    • IMG 7234.jpg
    • bd maryvonne blondin cache.png
    • IMG 7427.jpg
    • bd maryvonne blondin cache.png
    • IMG 7456.jpg
 
Communiqués de presse
      • Mon intervention lors de la séance consacrée à la proposition de résolution visant à soutenir la lutte contre le mariage des enfants, les grossesses précoces et les mutilations sexuelles féminines

          • Monsieur le Président,

            Monsieur le Ministre,

            Mes chers collègues,

             

            Permettez-moi, tout d’abord, de remercier la Présidente, tous les membres de la Délégation aux droits des femmes ainsi que le service pour avoir présenté ce projet de résolution à partir du rapport que Marta de CIDRAC et moi-même avons réalisé en mai 2018. Je salue aussi le travail des associations, présentes ce jour et qui accompagnent les victimes sans relâche.

            Au moment où je prends la parole devant vous, je revois les visages, les regards de toutes celles que nous avons rencontrées. J’entends leurs paroles sobres et pudiques mais ô combien chargées de souffrances, nous disant le choc terrible ou le néant complet après le « charcutage » qu’elles ont subi et leur reconnaissance envers tous ceux qui les ont aidées.

            On ne sort pas indemne d’un tel travail ni du constat fait.

            Une fille mutilée toutes les quinze secondes, toujours 200 millions de femmes dans le monde, dont 44 millions sont de moins de quinze ans. Si trente pays sont particulièrement concernés à l’instar de l’Egypte ou de la Somalie, l’excision ne constitue pas une problématique purement étrangère : plus de 500 000 femmes seraient concernées à travers l’Europe selon l’INED dont 53 000 victimes en France.

            A l’aulne de ce constat dramatique et glaçant, il apparaît absolument nécessaire de réaffirmer l’engagement résolu de notre pays contre trois phénomènes distincts mais bel et bien liés entre eux : les mariages des enfants, les grossesses précoces et les mutilations sexuelles féminines.

            Liés, car ils s’inscrivent bien souvent dans un parcours traumatique, véritable continuum comprenant l’ensemble des violences faites aux filles et aux femmes. Véritable violation des droits humains fondamentaux, du droit à l’intégrité physique et mentale, à la santé, les mutilations sexuelles féminines constituent l’expression même de la domination masculine sur le corps des femmes et leur sexualité. D’ailleurs, la Délégation aux droits des femmes a préféré, à juste raison, l’expression de « mutilations sexuelles » à celle de « mutilations génitales » en raison de son caractère plus englobant : il ne s’agit pas ici d’une problématique médicale mais bien d’une question sociétale qui interroge directement la place des femmes dans la société et leur capacité à disposer de leur corps et à vivre leur sexualité. Aucune tradition culturelle ou religieuse ne saurait justifier ces pratiques profondément ancrées dans la conviction de l’infériorité des femmes et des filles ! Aucun texte religieux ne requiert de telles tortures ! C’est une coutume sociétale : aucun mari ne voudra d’une épouse non-excisée !

            Il faut dire qu’après une période de « gloire » à la Renaissance, le clitoris a été volontairement rendu invisible et indigne par une grande vague d’obscurantisme sexuel pendant des siècles : première apparition dans un manuel de biologie en 2017 !

            Comme l’a dit Marta DE CIDRAC lors de nos déplacements et rencontres, nous avons pu prendre la mesure des variations dans les sectionnements et l’ampleur des conséquences effroyables tant physiques que psychiques pour ces femmes aggravées par l’infibulation : complications obstétricales, rapports sexuels douloureux, incontinence, douleurs persistantes. Ce constat est sans appel : l’excision est bien une torture exercée à l’encontre des femmes, visant à nier l’existence même de leur corps, de leur sexualité et de leur être tout entier.

            L’une des victimes nous disait : « c’est être vivante et morte à la fois ». Nous avons été frappés par le caractère évolutif de ces pratiques : ces actes de torture sont perpétrés, dans certains pays, par des professionnels médicaux rendant ainsi la reconstruction plus difficile d’après le Docteur Foldès ; ce ne sont plus seulement les fillettes mais les nourrissons et les filles plus âgées qui sont concernées également aujourd’hui.

            En France, c’est pendant les congés scolaires, à l’occasion d’un séjour dans leur famille, qu’elles risquent d’être excisées malgré l’avis de leurs parents parfois. C’est la grand-mère qui a l’autorité ! Face à ce constat alarmant, nous avons formulé des recommandations et en premier lieu la nécessaire mobilisation de tous les acteurs concernés : PMI, médecine scolaire, personnel éducatif, médecins libéraux, services de Justice, OFPRA, consulats mais aussi les communautés, les organisations de terrain, les services sociaux et la police dont les moyens doivent être soutenus.  L’engagement résolu des hommes constitue également un levier fondamental pour faire évoluer ces pratiques qui ne constituent pas qu’une affaire de femmes, mais répondent bien à un ordre établi patriarcal. Ce combat, loin d’être achevé, ne peut être que collectif !

            La France a pris conscience de la gravité de l’excision dans les années 80 notamment lors de la médiatisation de certains procès qui ont fait date. Elle a opposé une réponse pénale forte à ces pratiques : la loi de 2013 a renforcé la protection des mineurs et les sanctions encourues par les personnes incitant aux mutilations. L’auteur et le responsable de l’enfant mutilé peuvent être poursuivis pour ce type de violences et encourent 10 ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende. Elle a ratifié la Convention d’Istanbul du Conseil de l’Europe en 2014 qui, dans son article 38, exhorte les Etats partis à éradiquer cette violence : cette Convention sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique est un instrument juridique exceptionnel, qui couvre tout le prisme des violences faites aux femmes, formule de manière pionnière un article très clair pour engager les États à interdire en tant que telles les mutilations sexuelles féminines et pour en faire des infractions pénales.

             

            Mais la répression ne suffira pas à endiguer cette pratique.  Il s’agit aussi de mener des actions d’information et de sensibilisation auprès de chaque professionnel concerné, de chaque communauté, pour faire évoluer les mentalités. Les autorités ont renforcé leur partenariat avec les associations qui offrent aux victimes un soutien matériel et psychologique et les aident dans leur parcours d’insertion sociale et professionnelle. Je tiens encore une fois à saluer le travail remarquable qu’elles accomplissent aux côtés également des professionnels !

            La communauté internationale s’en est pleinement saisie à travers un arsenal juridique qui n’a cessé de s’enrichir et nous ne pouvons que nous en féliciter tant il transcende les frontières et appelle à un engagement collectif et résolu. L’ONU, l’OMS, l’UNICEF sans oublier le travail du Prix Nobel de la Paix effectuent chaque jour un travail remarquable pour prendre en charge les victimes et faire évoluer les mentalités et les pratiques, par l’éducation.

            Dès 2001, l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe, dont je suis membre, a condamné l’excision dans l’une de ses résolutions. En 2013, ma collègue Marlène RUPPRECHT, a réalisé un rapport consacré au droit à l’intégrité physique des enfants. En octobre 2016, adoption d’une résolution sur les mutilations génitales suite au rapport de mes collègues FRESKO-ROLFO et MAURY-PASQUIER. Ainsi, les efforts conjugués des parlements nationaux et des instances internationales permettent d’enrichir nos réflexions et contribuent à la visibilisation de ces actes de torture à travers le monde.

            Malgré une prise de conscience croissante, ces mutilations perdurent et demeurent ancrées dans les cultures et traditions des communautés qui les pratiquent. L’échéance de 2030 fixée par l’ONU pour les éradiquer nous apparaît aujourd’hui bien proche, il s’agit donc de mener une lutte commune et globale, tant sur le plan législatif, qu’éducatif, judiciaire et politique !

            Cette proposition de résolution vise à exprimer la participation forte du Sénat à ce combat et à rendre hommage aux professionnels et bénévoles qui, partout dans le monde, œuvrent au quotidien pour faire avancer les droits des filles, leur accès à l’instruction et partant, à la lutte contre les mariages forcés et l’excision.

            Mes chers collègues cette cause internationale appelle votre pleine et entière adhésion !

            Je vous remercie

Zoom
En ce moment je travaille sur...
Equipe
      • 0804313.jpg
      • Tiphaine Vancon.jpg
      • agenda seafm.jpg
L'équipe de Maryvonne Blondin à votre écoute...
Espaceur
Filet
Espaceur
Toute l'équipe
Liens